21.7.08

La sécurité sociale sombre dans l'utilitarisme collectiviste : la SS n'a jamais été aussi sinistre !


Ne dites pas à ma mère que je fais de l'éthique, elle me croit croque-mort à la Sécurité sociale !

Je relaie le coup de gueule de Claude Reichman, à propos des déclarations du vice-président du Comité consultatif national d'éthique dans l'article du Point publié le 03/07/2008 Très chers médicaments, que voici :

Entretien avec Pierre Le Coz

Agrégé de philosophie, docteur en sciences de la vie et de la santé et vice-président du Comité consultatif national d'éthique. Pour ce fin connaisseur de l'histoire de notre système de protection sociale, une parenthèse est en train de se fermer.

« Pendant longtemps, la France a considéré que la santé d'un individu n'avait pas de prix et que le médecin ne devait pas agir en comptable. Notre société était individualiste, c'est-à-dire qu'elle était au service de l'individu : ce dernier ne devait pas être sacrifié à l'intérêt collectif. On pouvait se payer le luxe d'opérer tout le monde, y compris quand ce n'était pas indispensable. Cette philosophie a prédominé jusque dans les années 80. Puis on a commencé à s'interroger sur les sommes englouties au nom de la santé de chacun. La position utilitariste, déjà en vigueur dans les pays anglo-saxons, a commencé à émerger chez nous, suscitant beaucoup de réticences de la part des médecins. Mais ils ont dû admettre que notre système allait "dans le mur", et qu'il fallait donner la priorité à l'intérêt de la collectivité.

L'individualisme a vécu. Nous assistons à la fin d'une période glorieuse de notre histoire. Avec le vieillissement de la population-que l'on n'a pas correctement anticipé-et la multiplication des pathologies associées à l'allongement de la vie, on s'inquiète des dépenses à venir. Nos ressources n'étant pas illimitées, il faut essayer de les répartir de façon plus rationnelle. Aujourd'hui, on est bien obligé d'admettre que, si la santé n'a pas de prix, elle a un coût. Et les médecins doivent désormais tenir compte du prix des médicaments dans leurs décisions. Notre vision va devenir "sacrificielle" : il vaut mieux correctement prendre en charge un père de famille de 40 ans, qui est rentable pour la société, qu'une personne de 80 ans qui n'a plus toute sa tête. C'est évidemment un constat tragique. Mais nous n'avons pas le choix. Reste à trouver le meilleur équilibre entre les intérêts de l'individu et l'intérêt collectif. »

Propos recueillis par Anne Jeanblanc
Une belle expression du collectivisme français dans sa crudité post-stalinienne ! Le médecin-fonctionnaire va donc être amené à décider, dans l'arbitraire le plus total, au nom de la fiction totalitaire qu'est "l'intérêt collectif", quel malade il va privilégier par rapport à tel autre. Remarquez qu'il n'y a rien là que de très logique. Comme dans le système de SS socialo-communiste actuel c'est la communauté qui paie, la même communauté, par le truchement du fonctionnaire, peut s'arroger le droit de désigner qui mérite de survivre et qui mérite de mourir.

Ce n'est plus le meilleur système que le monde nous envie, c'est plus simplement le "meilleur des mondes".

J'entends les ignorants me dire : "avec un système entièrement privé, on aurait le même problème". Eh bien non justement. Avec un système entièrement privé (et non "privé de service public" comme actuellement la sinistre SS), c'est le contrat qui fixe par avance la façon dont s'effectue la prise en charge. A l'assureur de se débrouiller pour fournir les fonds, augmenter les primes ou mobiliser ses ressources. Mais la SS n'est pas une assurance, ce n'est qu'un mécanisme d'extorsion de fonds collectiviste géré par une administration soviétique que seule la Corée du Nord nous envie.

11 commentaires:

BLOmiG a dit...

merci pour ces informations ; je rejoins complètement les commentaires que tu en fais.

Nous acceptons vraiment beaucoup de choses en France, et de manière incohérente.

Anonyme a dit...

Une personne paye un contrat d'assurance santé de 4000 euros / an à une assurance privé. Cette personne tombe malade et nécessite un traitement qui coute 30.000 euros / ans. Vous pouvez être sur que l'assurance privé va faire passer le cout du contrat à 35.000 euros / an.

Laure Allibert a dit...

Y en a un qui a tout compris au fonctionnement des assurances. J'espère pour lui qu'il ne travaille dans ce domaine-là (sinon comme concierge).

Anonyme a dit...

je ne pense pas avoir mérité une telle réponse. Sur la page wiki, on peut lire "L'assuré et l'assureur peuvent dénoncer le contrat à chaque échéance". Veuillez m'expliquer comment empêcher un assureur 1) de dénoncer le contrat à l'échéance ou 2) d'augmenter (outrageusement) la prime d'assurance (lors du renouvellement) et/ou la franchise quand une maladie (trop) couteuse aura été détectée.
Je ne connais aucun assureur philanthrope.

Anonyme a dit...

Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à regarder le documentaire de Michael Moore intitulé "Sicko" qui, même s'il force volontairement le trait, montre quelles sont les dérives que porte en germe le système des assurances privées.

Et si vous croyez que tout peut-être écrit et prévu dans un contrat que vous passez avec un assureur privé et qui vous protégera de tout, vous vous fourrez le doigt dans l'œil. Même l'épaisseur d'un Vidal ne suffirait pas à prévoir tout ce qui peut porter atteinte à votre bonne santé.

Dans les assurances privées, le médecin conseil que vous décriez tant est remplacé par un "cost killer" dont le rôle est précisément d'interpréter votre contrat pour en trouver les failles car son unique objectif est de faire payer le moins de soins possibles à son employeur. Le médecin conseil, c'est peut-être le grand Schtroumpf, un peu moralisateur et pas très sympa. Mais le cost-killer, c'est Gargamel...

Je vous souhaite bien sincèrement de ne jamais tomber gravement malade après avoir souscrit une assurance privée...

Quant doink dont vous pensez qu'il ne connaît rien aux assurances, je peux pourtant vous certifier que le système des assurances marche exactement comme il l'explique. A titre d'illustration, l'hôpital dans lequel je travaille a vu ses primes d'assurance tripler par rapport à l'année précédente (plus de dommages et d'infections nosocomiales à indemniser = assureur pas content !)

bibi33 a dit...

Mais si vous ne voulez pas d'un assureur privé messieurs vous pourrez toujours rester entre les mains de la SS.

Moi tout ce que je désire c'est qu'on abbroge le monopole de l'assurance maladie pas sa supression.

Anonyme a dit...

Ne vous méprenez pas. Je suis convaincu que la sécu est très mal gérée et c'est inadmissible. Vous m'avez convaincu qu'une assurance santé pour 4000 euros / an me reviendrait largement moins cher que la ponction actuelle proportionnelle à mon salaire. Conclusion: je suis pour les assurances maladies privées.

"Y en a un qui a tout compris au fonctionnement des assurances. J'espère pour lui qu'il ne travaille dans ce domaine-là (sinon comme concierge)."

Je ne travaille pas pour un assureur. Mais comment pensez-vous que les primes d'assurances soient calculées ? (je ne vous ferais pas l'insulte de vous expliquer cela, vous devez le savoir)

Je pense donc que ma question "comment empêcher un assureur de dénoncer le contrat en cas de maladie grave" est valide.

Parce que si les assureurs n'assurent que les rhumes, les angines et les lunettes des personnes entre 20 et 45 ans, le problème est inchangé.

Laure Allibert a dit...

L'assureur ne "dénonce pas le contrat en cas de maladie grave", il n'y a jamais une telle clause sur les contrats que j'ai vus. Une assurance santé, ce n'est pas une assurance auto !

Réfléchissez un peu : est-ce que les gens prendraient de tels contrats si jamais l'assureur pouvait se défiler à sa guise ?

Pour le contrat IHI (société danoise), il y a un plafond de dépenses de 1,5 M€ par an. Cela permet de couvrir même des soins intensifs pendant 1 année !

georges lane a dit...

Les remarques de certains démontrent un des effets les plus destructeurs de la SS : la destruction de la connaissance.

Sous prétexte que la SS impose à ses assujettis de vivre au jour le jour, ils croient que les assureurs proposeraient des contrats qui feraient vivre au jour le jour.

Cela est une erreur ENORME.

L'une des caractéristiques du contrat est que les parties conviennent de l'horizon du contrat et qu'en conséquence, la ou les primes seront versées périodiquement ou non et auront un montant qui tiendra compte de l'évolution du risque de perte en question.

Si les parties conviennent que le contrat ne pourra pas être dénoncé à échéance - sous entendu, au moment du versement de la prime, ce qui sous entend une prime périodique dont la période aura été convenue d'un commun accord - et s'il s'avère l'être par l'une des parties, il y aura dédommagement...

Il reste qu'en France, depuis 1930, le contrat d'assurance est réglementée par le législateur et la latitude des parties pour convenir est limitée...

Il s'ensuit que les assureurs de France ne sont pas véritablement la crême de l'exemple de ce qu'on peut faire dans le domaine de l'assurance.

Il y aurait lieu de revenir sur cette loi aveugle, annonciatrice à sa façon des errements socialo-communistes qui vont aller de la loi de 1938 sur les sociétés d'assurance à celle, récente, instituant le prétendu principe de précaution.

Pour les socialo-communistes, pire que la banque, il y l'assurance. Il ne faut jamais l'oublier. Bastiat l'avait souligné dès 1850 dans Harmonies économiques.

Anonyme a dit...

Merci. La réponse est plus constructive que de me traiter de concierge d'assureur (avec tout le respect que je dois à cette profession).

"Réfléchissez un peu : est-ce que les gens prendraient de tels contrats si jamais l'assureur pouvait se défiler à sa guise ?"

Je réfléchis, je réfléchis. Les assureurs automobiles peuvent dénoncer un contrat d'assurance lors du renouvellement. L'assurance automobile étant obligatoire, les gens prennent donc de tels contrats ...

Donc pour résumer, il y a deux combats à mener
1) en finir avec le monopole de la sécu
2) faire que le contrat d'assurance ne soit plus régulé par le législateur.
Le 2) sans le 1) n'apporte rien.

Je loue votre courage et votre obstination (au sens positif). Mais la vie étant si courte, et sans doute égoïstement, je pense que le plus simple est de s'expatrier.

Laure Allibert a dit...

Faut pas m'en vouloir, je suis un peu vive. Et depuis plus de 4 ans que je tiens ce blog, j'ai vu revenir toujours les mêmes fausses idées, tellement le bourrage de crâne de la SS a été efficace dans ce pays.